DÉMARCHE

 

Tout a commencé par un accident. Ma tête de piéton a enfoncé le pare-brise d'une conductrice scotchée à son cellulaire. C'était comme si le choc avait libéré dans mon cerveau les valves de la création. Depuis ce jour, l’environnement est à transformer, à réanimer, à recréer. En ce sens, je me considère comme un « recréateur » : un mot qui n’existe pas encore mais qui traduit justement ma nouvelle fonction.

 

Fabriquer des petites sculptures : uniques, singulières, aussi inutiles qu’indispensables. Voilà la voie ! J’ai parcouru le web à la recherche de fous qui, comme moi, auraient la prétention de réanimer des objets qui, autrement, seraient relégués à l’oubli ou pire, destinés aux rebuts.

 

Dans mon périple, j’ai appris de nouveaux mots : « recyclart », « junk art », « steampunk ». Je me suis rendu compte que, partout dans le monde, un  grand nombre d’artistes s’adonnaient à cette pratique particulière.

 

Une première sculpture

Ma première sculpture : Léon le gardien du Temps. Un lion dont la conception a été possible grâce aux objets hérités de mon grand-père Henry : horloger, cordonnier, artisan et réparateur de choses compliquées.

 

D’autres sculptures ont suivi : Bob le réparateur de dix sous ; Raymond le chevalier au grand cœur ; Liz la croqueuse de fric ; Robot Clock l’éveilleur et Zorro le tailleur de clous. Et d’autres assemblages viendront rejoindre cette galerie de personnages étranges, peut-être dérangeants et, à mon grand étonnement, parfois même attachants.

 

Des objets aussi singuliers se greffent à cette colonie. Des objets que je classe dans la catégorie des artefacts, pris dans sa signification latine, à savoir " artis factum ":  fait avec art. Voilà en gros ma démarche.

Paul-Henry